Trail & randonnée : bien choisir ses bâtons
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Trail & randonnée : bien choisir ses bâtons

On vous aide à faire le bon choix pour votre prochaine paire de bâtons
Texte alexandre
Photos header / vignette : maxime bouclier
On vous aide à faire le bon choix pour votre prochaine paire de bâtons
Texte alexandre
Photos header / vignette : maxime bouclier
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Les bénéfices des bâtons en trail ou en randonnée sont multiples : ils vous permettent de soulager vos genoux lors de longues descentes éprouvantes, vous aident à vous équilibrer lors du franchissement d'obstacles sur votre parcours, ou corrigent votre posture à la montée en vous permettant de vous tenir bien droit et d'avoir une respiration complète et efficace lors de l'effort, et enfin, ils font travailler le haut du corps

Plein de bonnes raisons de les adopter, si ce n'est pas déjà fait !

Cependant ils ne font pas non plus l'unanimité : jugés encombrants par certains, ou responsables de l'érosion des sols sur certains itinéraires très parcourus où l'on peut se trouver invité à protéger la pointe d'un embout, voire interdit d'en faire usage. C'est également le cas sur certaines courses de trail, ou, en plus de la problématique de l'érosion, ils sont jugés dangereux du fait des blessures qu'ils peuvent occasionner lorsque les concurrents se suivent de près !

Les adeptes des bâtons sont néanmoins nombreux, et il existe une grande variété de modèles sur le marché. Pour vous aider à faire le bon choix en fonction de votre pratique et de vos besoins, nous avons analysé pour vous les principales caractéristiques des bâtons de trail et randonnée !


Encombrement

Les modèles monobrins : 

On peut les utiliser en rando ou en trail, comme c'est l'usage en marche nordique. Les principaux avantages de ces modèles sont leur solidité, leur bonne transmission de l'effort grâce à une meilleure rigidité, et ils sont moins sujets au vibrations intempestives, qui peuvent se révéler désagréables pour les articulations sur le long terme.

En revanche, leur inconvénient principal est ne pas pouvoir être facilement transportables : si l'on rencontre un passage un peu technique où l'on ressent le besoin de poser les mains pour le franchir, ou simplement parce que l'on n'en a pas l'utilité sur certaines sections, ils ne seront pas des plus agréables à porter sur le sac du fait de leur taille : risque d'accrochage dans les branches, frottements sur les pierres lors d'une courte escalade, risque d'être déséquilibré, et détérioration accélérée du bâton. Les fabricants ont donc conçu des produits constitués de plusieurs tubes qui s'assemblent ou se replient compactés, pour pouvoir passer du transport à l'utilisation en l'espace de quelques secondes.

Les modèles deux brins : 

Plus compacts que les monobrins une fois repliés, ils sont en général toujours trop grands pour être rangés à l'intérieur du sac à dos, et dépasseront toujours probablement une fois sanglés sur le sac. Ils sont cependant un bon compromis entre solidité et compacité. Ils pourront être utilisés en ski de randonnée par exemple ou certains modèles sont prévus pour supporter les contraintes liées à la pratique et pourront être fixés sur le sac pour les passages plus techniques. De plus on a généralement déjà les skis sur le sac, on est donc plus à deux bâtons près.

Ils font environ 60- 70cm une fois repliés, et restent donc plutôt encombrants

Les modèles trois brins : 

Plus compacts que leurs grand frères, mais aussi plus fragiles, attention au risque de casse. Ils permettent de se donner de l'allant à la montée, de s'équilibrer pour les passages techniques, mais en fonction de leur constitution (alu, carbone), et de la vôtre, une grosse chute pourra avoir raison de leur résistance.

En revanche, une fois pliés, ils mesurent entre 35 et 40 cm selon qu'ils soient télescopiques ou pliables en Z, et se glisseront dans les sacs de rando ou sur le sac de trail sans se montrer gênants

Les modèles 4 brins : 

Et oui, ils existent comme en témoigne cet avis matos. A ce jour on en trouve très peu sur le marché en raison de la difficulté de concevoir un produit qui soit suffisamment solide et rigide pour être fonctionnel.  Ces modèles sont plus fragiles du fait des multiples parties qui les constituent.

Repliés, ils mesurent environ 35cm.


Système de verrouillage

A l'exception des modèles monobrins, les bâtons intègrent des systèmes qui permettent de rendre solidaire les différentes parties qui les constituent afin de les rendre fonctionnels lors de l'utilisation :

Verrouillage à vis : 

C'est le système des modèles d'entrée de gamme par excellence. Il concerne les bâtons télescopiques : le verrouillage se fait en faisant tourner les brins l'uns dans l'autre. C'est un système simple, mais qui peut présenter l'inconvénient de se dérégler si l'on n'a pas assez serré le système : problématique si l'on pense rattraper une chute. Une fois que l'on a cela en tête, on a tendance à serrer comme une mule et c'est le desserrage qui fait chauffer les avants bras. C'est un système plutôt adapté aux pratiquants occasionnels ou aux débutants.

Verrouillage à clip : 

Là encore c'est un système qui concerne les bâtons télescopiques. Le verrouillage et le déverrouillage s'effectue en actionnant un clip qui vient serrer les brins les uns dans les autres. La force de serrage est bien souvent réglable grâce à un simple tournevis pour réglage occasionnel. C'est un système durable et fiable que l'on retrouve sur la majorité des bâtons de randonnées.

Pliage en Z : 

Cette fois ci ce système ne concerne pas les modèles télescopiques mais des bâtons pliables, tenus entre eux par un lien souple, généralement une cordelette protégée par du caoutchouc. Il permet de déplier le bâton rapidement : on tire sur la partie supérieure qui verrouille le bâton. Pour le replier, c'est généralement un petit bouton à presser ou une bague à remonter qui déverrouille le bâton et permet son repliage. C'est un système qui présente l'avantage d'être rapide sur les transitions et est donc bien adapté pour le trail ou le fast hiking. Ces bâtons sont généralement plus fragiles que leurs cousins télescopiques car plus orientés "light", et sont donc constitués de moins de matière.

Quelle taille pour mes bâtons ?

Question ô combien pertinente lors de l'achat, surtout si le modèle n'est pas réglable par exemple, pour les modèles monobrins, ou pliables en Z où par souci de légèreté et minimalisme, la taille n'est pas modulable.

Généralement, on considère que la taille d'un bâton est adaptée lorsque l'avant bras est positionné à 45° par rapport au biceps quand on le tient et que la pointe touche le sol. Cette règle communément admise est à relativiser en fonction de votre profil ou de votre utilisation. En effet, on pourra préférer un bâton plus long pour pouvoir pousser davantage à la montée et gagner en élan pour une recherche de performance. De plus, on ne se trouve pas toujours à la même hauteur du sol. Nulle allusion ici à vos éventuels dons de lévitation, mais plutôt à des activités comme la raquette à neige ou le ski de randonnée où l'on se trouvera élevé de quelques centimètres. Si l'on sort en conditions hivernales aussi bien qu'en estivales, il peut-être opportun d'avoir des bâtons réglables par souci de polyvalence, ou alors de posséder plusieurs paires.

Les matériaux

La plupart des bâtons que l'on trouve sur le marché sont en aluminium. C'est tout simplement le meilleur compromis en termes de prix, solidité, et légèreté. Selon les alliages, il peut être être plus ou moins léger. 

Les modèles davantage orientés performance, où la légèreté sera un critère prépondérant, que ce soit en trail, ou lors d'une marche d'approche en alpinisme pour ensuite être stockés dans le sac pendant la course, sont eux fabriqués en partie ou intégralement en carbone. Le carbone amortie mieux les vibrations que l'aluminium, en revanche, il casse plus facilement. Attention donc

Poignées & dragonnes

En ce qui concerne les poignées des bâtons, celles ci peuvent être constituées de différents matérieux :

  • Plastique : Gage de solidité et de durabilité, il n'absorbe cependant pas la transpiration et la main a tendance à glisser
  • Caoutchouc : Durables, plus confortables que les poignées en plastique, elles ne sont néanmoins pas les plus légères
  • Mousse : Légères, confortables, elles absorbent bien la transpiration. Elles s'abiment en revanche plus vite que celles précédemment citées 
  • Liège : Elles évacuent bien la transpiration, limitent la formation d'ampoules, et sont légères et confortables et durables. En revanche elles sont assez chères.

Dragonnes

Les dragonnes permettent d'éviter de perdre les bâtons certes, mais surtout d'améliorer la poussée en appuyant le poignet dessus, et ainsi soulager les mains (pour limiter la formation d'ampoules), et les avants bras. 
Il est bon de s'assurer en magasin que le système de réglage est simple d'utilisation, et si possible, de s'assurer que la dragonne ne se desserre pas de manière intempestive à l'usage.

Enfin, certains fabricants proposent des dragonnes de type "gantelet", qui se portant sur les mains à la manière d'une mitaine minimaliste, et que l'on peut connecter et déconnecter du bâton rapidement grâce à un bouton situé sur le dessus du bâton généralement. L'avantage de ce système est d'assurer des transitions rapides, et, grâce au systèmes de gantelets ajustés, d'avoir une bonne transmission de la poussée pendant l'effort.

Pointes

La plupart des pointes sont en acier, matériau qui présente un bon rapport qualité prix. 

Une bonne alternative à ces pointes sont celles qui sont fabriquées en tungstène : plus chères, elles sont cependant plus durables et présentent un véritable intérêt si vous utilisez régulièrement vos bâtons.

Certains fabricants proposent également des pointes en caoutchouc : celles ci présentent une bonne accroche sur surface sèche et rocailleuse, sur rocher humide, gare à la zipette. Elles font également moins de bruit sur sol dur, sur route par exemple, et laisse moins de trace sur les sols meubles.

Vous aurez la possibilité, voire l'obligation selon les réglementations en vigueur dans certains Parcs, Réserve Naturelle, ou tout espace soumis à réglementation, de couvrir vos pointes d'un embout pour minimiser l'érosion des sols et l'usure de vos pointes. Cela permet également d'être plus silencieux et de limiter l'impact de sa pratique sur son environnement.

Rondelles

En ce qui concerne les rondelles leur rôle est assez simple, celles ci sont destinées à limiter l'enfoncement du bâton :

  • Sur terrain enneigé, on privilégiera une rondelle hiver, plus large, sans laquelle il pourra être impossible de prendre des appuis francs, et donc de profiter des bénéfices du bâton
  • Sur terrain sec on pourra se contenter d'une rondelle dite "été", plus étroite, qui s'usera moins vite qu'en laissant une rondelle hiver en permanence. Des rondelles hiver risqueront davantage de se coincer entre les rochers si on les conserve sur terrains sec.


Et vous, quel traileur/randonneur êtes vous ? Plutôt du genre à plus pousser sur les bras que sur les jambes dans les montées ? Ou minimaliste, branche ramassée sur le bord du chemin, un brin de paille au coin des lèvres ?

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