Contexte :
Après avoir longtemps utilisé des bâtons Salomon Sense Ultra Foldable — à dragonnes — et cherché à tester une alternative avec gantelets, je me suis finalement décidé à essayer les LEKI Ultratrail FX.One. Ce n'était pas un choix anodin : il y a 7 ans, lors d'un ultra, j'avais utilisé des bâtons à gantelets LEKI et j'avais subi plusieurs semaines de perte de sensibilité dans le pouce après les avoir porter... Cette mauvaise expérience m'avait naturellement refroidi vis-à-vis de ce système. Mais le principe m'a toujours intrigué, et les évolutions de la marque m'ont donné envie de lui redonner une chance. J'ai opté pour des bâtons en 120 cm, préférant cette fois-ci un format un peu plus court que mes anciens 125 cm.
Caractéristiques :
Les LEKI Ultratrail FX.One sont des bâtons 3 brins, à longueur fixe et entièrement en carbone. Ils sont pensés exclusivement pour le trail et l'ultra-trail, et ça se ressent dans chaque détail de conception. Leur poids est remarquablement bas, à peine 182g la paire : un juste compromis avec leur version plus light à 139g mais plus fins. La poignée est en liège naturel, le système de gantelet s'appelle Trail Shark, et l'ensemble est conçu pour un "usage intensif sur terrain exigeant."
Les rondelles, petites et légères, ne sont clairement pas dimensionnées pour la neige : c'est apparemment assumé, cohérent avec le positionnement ultra-trail du produit.
Déballage et première impression :
À l'ouverture, l'ensemble est bien pensé : une pochette de transport légère, des embouts plastique de protection pour les pointes, et bien sûr la paire de bâtons avec leurs gantelets déjà montés. La finition est soignée, et on sent immédiatement qu'on a affaire à du matériel haut de gamme.
Première surprise un peu moins agréable : le scratch des gantelets. Sur mon exemplaire, il était vraiment surdimensionné — trop long — et se prenait régulièrement dans mes vêtements. J'ai dû le recouper moi-même pour qu'il reste fonctionnel sans devenir gênant. C'est un détail, mais sans doute que les bâtons s'adressent à des grosses mains.
Sur le terrain :
Les premières sorties avec les gantelets ont demandé un temps d'adaptation. Sur 5 à 6 sessions, j'ai trouvé les gantelets un peu raides. Ça s'assouplie par la suite.
En montée, la transmission de force via les gantelets est vraiment efficace. On pousse sans avoir à serrer la poignée en permanence, et ça change franchement la donne sur de longues ascensions. On peut même relâcher la main par moments, ce qui permet de récupérer les avant-bras et les mains entre les appuis — un vrai confort sur de longues distances. On peut vraiment pousser comme si on s'appuyait sur une surface dure.
Les poignées en liège sont très agréables au toucher, même avec les mains légèrement humides. Leur longueur — qui descend assez bas sur le tube — est un vrai plus pour ajuster sa prise selon la pente, à la manière d'un bâton télescopique mais sans mécanisme de réglage. Les bâtons étant non réglables, cette zone de prise étendue compense intelligemment.
En descente, les bâtons sont stables et réactifs. La pointe s'ancre bien dans le terrain et on ne ressent aucun jeu dans la structure une fois le système de pliage enclenché. Sur les terrains accidentés ou les pierriers, l'appui est fiable et on gagne en confiance assez rapidement.
Et les gantelets, justement ?
C'était évidemment la grande question pour moi après ma mauvaise expérience il y a 7 ans. Pour l'instant, rien de tel à signaler. Les gantelets me semblent bien dimensionnés pour ma taille de main, et le matériau en maille respirante fait son job côté confort et gestion de l'humidité. Je reste vigilant sur ce point sur des efforts plus longs, mais les premières impressions sont rassurantes.
Ce que j'apprécie vraiment dans le principe du gantelet, c'est l'absence de dragonne au sens classique du terme. Je trouve la transmission des forces vraiment meilleure.
Une petite comparaison avec TSL :
En voyant fonctionner le système d'accroche magnétique de TSL ou autre sur certains modèles, je ne peux pas m'empêcher de trouver l'idée plus intuitive que la cordelette du Trail Shark. L'aimant attire le gantelet automatiquement, sans avoir besoin de viser ou de manipuler un bouton. C'est une question de feeling personnel, mais ce détail me semble aller dans le bon sens. Cela dit, le Trail Shark reste très praticable une fois qu'on y est habitué. J'aimerais bien tester les TSL pour pouvoir comparer ...
Quelques regrets :
Les rondelles sont petites, ce qui est cohérent avec la destination du produit, mais on aurait quand même aimé avoir un embout caoutchouc de rechange livré dans la boîte. Par ailleurs, le coloris unique disponible laisse peu de choix. Ces bâtons ont clairement tout pour plaire sur les sentiers, et on les croise d'ailleurs de plus en plus — preuve que la communauté trail les a adoptés — mais un peu plus de personnalisation serait bienvenu.
En conclusion :
Les LEKI Ultratrail FX.One m'ont agréablement surpris, et mes craintes liées aux gantelets se sont révélées infondées pour l'instant. La robustesse est au rendez-vous — comparable à mes Salomon en carbone — et le confort en utilisation prolongée est clairement supérieur aux dragonnes classiques dès lors qu'on accepte la courbe d'apprentissage initiale. Pour le trail et l'ultra-trail exigeants, ils font le job.
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