Avis Lowa Explorer GTX Mid 2026

2 Tests Lowa Explorer GTX Mid.

Postez le votre!
Note moyenne : 9/10
Thierry Pallier

Le maintien sans la contrainte

Avis sélectionné
Profil du testeur : 61 ans | m | 63kg | Avancé | Bouillargues
Acheté : 250€
Conditions du test : 150 km sur les étapes sud du GR20 par temps chaud et généralement sec. + deux étapes supplémentaires effectuées
Cet avis matos est issu du programme de Tests Privés d'Outzer permettant à nos lecteurs de recevoir gratuitement (et de garder) du matériel de la part de meilleures marques afin de réaliser un test terrain détaillé. Cliquez ici pour participer vous aussi
Chaussures de randonnée Lowa Explorer GTX Mid

Points forts

La polyvalence , le confort , légèreté ,souplesse.

Points faibles

Usure de la semelle.
question sur le comportement de la chaussure après avoir été "imbibée" :
confort , temps de séchage et recouvrement des qualités d'imperméabilité ?

TEST Privé Lowa explorer GTX Mid

Affichées à 240 € sur le site de la marque, entre 160 et 180 dans les moteurs de recherche.

Classée dans la catégorie Treck.

Introduction :

Lorsque Outzer a proposé le test privé de ces chaussures j’étais en pleine préparation du GR20. Ce parcours qualifié par certains comme le plus « rude d’Europe » a la réputation de détruire les pieds et les chaussures. Confiant dans mes chaussures « montagne » Millet pour la partie montagne du Nord , je me demandais si l’utilisation de chaussures type Trail ou rando légère seraient adaptées pour le sud où les étapes sont plus longues et roulantes ? J'envisageais d'utiliser des chaussures de rando basse ou de « fast hiking » c'est à dire assez légères sans aller jusqu'à des chaussures de trail. La proposition d'outzer de tester ces Lowa est donc tombée à pic, même si à priori un peu plus typées randonnée que ce que je prévoyais de prendre.

D’abord quelques mots sur les conditions du test :

On entend beaucoup de chose sur le GR20 et je suis arrivé après 13 jours à la conclusion que décrire son GR20 n’a que peu de sens. Tant de facteurs peuvent transformer une étape idyllique pour les uns en un véritable cauchemar pour les autres. La répétition des efforts demande évidemment une bonne préparation physique, la technicité de certains passages peuvent, si ils sont abordés sans expérience vite épuiser, la rusticité de certains refuges peut empêcher de récupérer, ainsi le moindre soucis de santé ou de matériel inadapté te pousseront irrémédiablement vers la sortie.

Pour cette première expérience en terre Corse j’ai choisi de partir avec l’agence Corsica-natura que je recommande particulièrement et leur guide Sébastien dont je vous suggère de visiter le compte instagram.

Ce choix m'a permis de parcourir le GR 20 dans des conditions idéales ! J'ai pu profiter pleinement de mon séjour totalement libéré des contingences matérielles (orientation , ravitaillement, tempo ...).

Nous partons donc de CALENZANA dans le sens Nord-Sud le 21 juin par une journée ensoleillée !

Le choix du matériel et des chaussures en particulier sur le GR20 est primordial , cependant, il est édifiant de constater comme chacun aborde le GR 20 à sa manière !! en autonomie, accompagné, avec un sac léger ou sac surchargé, portage partiel, en  5, 10 15 jours… Même le choix des chaussures fait débat aux étapes . De la chaussure de Trail qu'il faudra mettre à la poubelle à la fin, à des modèles de randonnée typées haute montagne, tout est présent et « juste », du moment que le choix est conscient et assumé. Perso, lorsque je porte un sac, je préfère avoir un bon maintien et sur un treck de plusieurs jours avoir une bonne protection .

J'ai choisi pour cette première,  la formule « encadré » par un guide. Sébastien notre accompagnateur montagne est à la tête d' un groupe de 12 personnes, qui à lui seul couvre une quantité de profils tellement différents. Nous bénéficions d'un sac suiveur qui nous est déposé selon les étapes tous les 1, 2 ou 3 jours, ce qui m’ a permis de glisser les LOWA neuves dans celui-ci avec l'idée de les tester dans la partie sud et surtout d'avoir un sac porté qui ne dépassera jamais 12 kg.

C’est important ! Il est évident que tester des chaussures neuves sur le GR20 n'est franchement pas une chose à faire !!! Pour autant, qu’est ce que l’on ne ferait pas pour rédiger un joli test pour outzer ???

 Par sécurité, J'ai donc prévu de permuter avec mes chaussures « montagne » que je connais parfaitement par les LOWA lorsque la partie Nord sera passée et en me disant que si je constate que les LOWA ne sont pas adaptées je pourrai toujours reprendre « mes » chaussures.

Revenons quelques jours en arrière !

L’avion pour la corse est prévu le 20 juin, je reçois les chaussures le 17 !!! (au passage merci Outzer ! Mon anniversaire c’était le 14!!!). C'est un peu court, mais le premier essayage me rassure les chaussures sont souples et semblent confortables.

Le déballage et La cosmétique :

Le carton de couleur sombre évoque la randonnée il est parcouru de courbes de niveaux , le fournisseur a eu le bon ton de me fournir un modèle crème en cuir « suède » de facture assez standard pour des chaussures de randonnée. J’avoue que le modèle jaune « fluo » aurait eu ma préférence si j'avais eu le choix, cependant le colorie beige rentre dans les standards outdor et se mariera  avec n'importe quel pantalon de randonnée. Il existe un modèle violet pour le modèle femme, je n'ai pu déterminer si la forme du pied était modifié pour le modèle féminin.

On remarque les œillets orange sur les premiers passants puis les boucles tissus, les lacets sont rond un peu élastique, les divers tons de beige , marron foncé, se raccordent entre elles par des formes angulaires dont on pourrait penser qu’elles évoquent des sommets montagneux. La semelle est bicolore , noire pour le vibram et blanche pour la mousse ( évidemment le blanc ne le restera pas à l'usage)

La chaussure n’est pas très massive et pourra être portée en ville sans se faire trop remarquer ( ce que j'ai d'ailleurs fait pour prendre l'avion histoire de les « casser un peu »).

Des inscriptions 'LOWA' sont présentent sur la languette et le talon ainsi que la mention GTX confirmant la présence de la membrane GORE-TEX.

Elles affichent à peine 1200g en taille 42.5. 

Les allégations du fabriquant :

Ces chaussures sont présentées sur le site de la marque comme un modèle « hybrides » partageant les technologies de chaussures de trail notamment la semelle LITECELL PU qui assure légèreté et amorti combinée à une semelle vibram qui peut-être ressemelée le tout avec une structure de chaussant conçue pour assurer un bon maintien.

Malgré ces choix elles ne sont pas classée dans la catégorie randonnée légère mais bien Treck, sans doute en raison de la tige médiane qui couvre la cheville et du maintien qui est adapté au portage d'un sac de randonnée.

Le TEST :

Je constate immédiatement au premier enfilage la souplesse générale du chaussant ainsi que de la semelle, les premiers pas dans la maison puis en ville confirment ce sentiment de « souplesse » à la fois du chaussant mais aussi de la semelle. Le pied déroule sans effort et l'amorti est bien présent sans pour l'instant perturber la stabilité ; Ma seule interrogation se pose sur la membrane gore-tex qui selon moi malgré les allégations généralement attachées à ce produit ne permet pas au pied d'autant respirer que dans de simples chaussures en cuir. La chaleur des étapes corse contredira cet à priori à aucun moment mon pied ne s'est échauffé.

J'en profite ici pour préciser que je portais des chaussettes de randonnée décathlon Hike 900 en laine Mérinos. Je crois que le tandem chaussette / chaussures est hyper important quand les étapes se font longues et se répètent, la laine mérinos permet la respirabilité tout en évacuant la transpiration.

C'est donc à la cinquième étape de mon périple au départ du refuge de VERGIO que je chausse les LOWA. Nous sommes le 25 juin, environ 51 km sont déjà parcourus. Mes randonnées montagnes m'ont parfaitement accompagnées jusque là en particulier dans la pointe des éboulis où j'ai pu évoluer en pleine confiance. Un ou deux orteils sont légèrement échauffés sur le dessus , rien de surprenant quand j'utilise cette paire de chaussure dans ces conditions météo assez chaudes. Le Gr en corse ne monte pas en altitude ( on reste dans les 2000m)  et en cette période de canicule les températures sont assez hautes, même le matin.

Le sac « suiveur » nous rejoindra dans deux jours, je pars donc avec des chaussures neuves pour minimum deux étapes en espérant que mes premières impressions se confirmeront et je ne vais pas me mettre dans une galère.

Je ne fais pas faire durer le suspens plus longtemps !!! Au final mes pieds ne quitteront plus les LOWA. Ceux sont donc environ 150 km 8000 mètres de dénivelé positif de parcourus sur le GR20 en 62 heures d'utilisation, et au vu de leur performance j'aurai pu les utiliser dès le départ.

Si je devais résumer par un slogan la sensation ressentie au pied  ce serait:

Le maintien sans la contrainte !

La polyvalence et le confort sont bien au rendez vous, l'état de mes orteils se sont même améliorés alors que les températures sont allées crescendo et ce, malgré la membrane gore-tex.

Un indice révélateur c'est que sur certaines étapes à l'arrivée au refuge, j'ai « oublié » de quitter mes chaussures et je me suis affairé à préparer le bivouac en les gardant au pied ne les remplaçant par les claquettes que pour aller à la douche !

Sur ces étapes sud bien que moins techniques mes compagnons de route et moi avons tout de même franchi quelques névés, posé les mains, escaladé et dé-escaladé mais aussi déroulé le pas, l'adhérence s'est montrée très correcte et l'accroche pourrait être meilleure avec des crampons un peu plus haut ( 5mm).

Les plus :

  • J'ai apprécié la protection assurée par le pare pierre.
  • Le système de laçage doté d'un œillet spécial LOWA sur la languette pour éviter qu'elle de glisse sur le côté.
  • la souplesse permettant de dérouler le pied tout en gardant un maintien compatible avec le port d'un sac.
  • L'étanchéité lors des traversée des passages à gué à la fois assurée par le traitement du cuir et la membrane GTX.
  • La protection des malléoles grâce à tige middle sans être génante.
  • le laçage « souple » qui maintien sans douleur résultat obtenu à la fois par les œillets tissus et les lacets extensibles.
  • L'adhérence permise par la « tendresse » de la semelle VIBRAM ( au détriment de la longévité ? Voir les moins)

Des moins ?

Oui, mais conséquents aux compromis techniques.

  • La semelle Vibram tient sa promesse sur l’adhérence mais elle semble s'user assez rapidement ( rappelons ici qu'elles sont ressemelables !)

Semelle vibram qui par ailleurs est assez fine permettant une bonne souplesse et une bonne perception du sol ( sensiblement identique à des chaussures de Trail) mais encore une fois qui ne présage pas d'une longévité indéfinie … Les crampons de 5mm qui pourraient être un peu plus haut ( 8mm?) pour bénéficier d'une accroche plus importante. Pour autant, sans doute la chaussure serait plus rigide dans cette hypothèse et le choix de la finesse est assumé….

  • Le chaussant qui s'est un peu détendu après une trentaine de KM ce qui oblige à « serrer » la chaussure les deux flancs ne se rejoignent pas mais il ne faudrait pas que ça se détende encore  . Avec comme conséquence d'avoir des lacets un peu trop long, il m'est arrivé de faire le tour des chevilles pour essayer d'utiliser la longueur de lacet .
  • Elles ne sont pas compatibles avec des crampons semi automatique, ceci dit la haute montagne n'est pas leur vocation première.
  • La mousse blanche qui ne le reste pas et qui se déchire un peu sur les côtés mais c'est exclusivement esthétique!! (voir photo)

Conclusion :

Assurément des chaussures conforment à la réputation de la marque LOWA qui vont dorénavant m'accompagner fréquemment en montagne en conditions estivales ne nécessitant pas de cramponner. D'autant que malgré le périple corse de 150 km le chaussant ne présente aucun signe d'usure , seule la semelle semble s'éroder assez vite (les chemins Corse sont assez abrasifs !). Une belle polyvalence et des compromis positifs sans réels inconvénients.

Elles raviront ceux qui comme moi rechignent à utiliser des chaussures de Trail en montagne, qui cherche du maintien sans s’alourdir le pied outre mesure et qui souhaite à l’occasion allonger le pas.

Les pieds resteront secs lors des passages à gué, le pare-pierre permettra de caler la pointe du pied qui n'est pas serrée dans la box, la chaussure souple sans être molle permet de franchir sereinement les passages techniques où l'on pose pied, mains, genoux. 


Si le cœur vous en dit, vous pouvez retrouver mon périple corse du  21 juin au 2 juillet  sur mon compte STRAVA


Complément du test  le 07/09/26 (200KM de parcourus)

Je ne résiste pas à l'envie de compléter ce test par deux expériences vécues cet été.

La première sur deux jours de rando en autonomie sur le massif du Canigou à l'occasion de l'éclipse Solaire du 12 Août 2026. Deux jours qui ont confirmé la polyvalence et le confort des Explorer avec le portage d'un sac d'environ 14 KG ( je transportais mon matériel photo) et une descente assez rapide du sommet. 

Le deuxième dans un séjour de trois jours dans le Mercantour autour du refuge de Nice  . Encore du confort et de la polyvalence confirmés sur des passages parfois techniques ( le sommet du mont Clapier et les Balcons du Gélas), mais surtout au troisième jour, les limites de l'étanchéité de la membrane gore-tex. Une belle averse matinale accompagnée d'un fort vent nous a incité mes camarades et moi, à renoncer au retour par la vallée des Merveilles  et à rejoindre au plus vite le véhicule. Deux heures trente de marche rapide sous une pluie battante,  des ruisseaux impossibles à franchir sans poser le pied dans l'eau , des sentes remplies de 5 ou 6cm d'eau par endroit . Une excellente occasion de tester les performances des chaussures dans ces conditions. Tel un gamin je ne leur ai rien épargné, je n'ai volontairement pas essayé de poser le pied au plus sec ( au moins mouillé plutôt !) mais j'ai déambulé sans esquiver la moindre flaque dans une marche assez dynamique . Une heure ! c'est environ le temps qu'il a fallu pour que je ressente les premières sensations d'humidité, puis c'est aller crescendo , jusqu'à ce que mes chaussettes soient totalement imbibées et le floc , floc  caractéristique des chaussures pleines d'eau s'ajoute au bruit de mes pas  ! J'y ai vraiment cru au début , rien ne semblait pouvoir franchir la barrière de la membrane et  du traitement hydrophobe du cuir de surface.

Cependant, et même si je n'ai vraiment pas cherché à les épargner , le gore-tex trouve là sa limite, redoutablement efficace sur une herbe couverte de la rosée du matin et/ou une averse de courte durée, si l'eau franchit la barrière elle se retrouve emprisonnée dans les chaussures qui vont mettre un certain temps, pour ne pas dire un temps certain, à sécher  !!!! 

Je me pose ici deux questions:

  •  qu'est ce que ça donne le lendemain si tu dois remettre tes chaussures dans cet état ? Mes chaussures en cuir simple prennent peut être plus vite l'eau, mais elle l'évacue aussi et sèchent bien plus rapidement ! ici mes chaussettes avaient littéralement besoin d'être essorées ! 
  • deuxièmement , quand est-il de l'efficacité du traitement hydrophobe maintenant qu'il a été lessivé une première fois , aura-t-il la même efficacité la prochaine fois ou dois-je le renouveler en entretien courant ???

Le suite à la prochaine sortie !!!


 

Pour qui ?

Ceux qui portent un sac et qui cherche une chaussure confortable qui permet de dérouler le pied tout en permettant de franchir les passages techniques en confiance.

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