Un modèle emblématique qui a marqué son époque
Les Miura font partie de ces chaussons qui ont longtemps été considérés comme une référence incontournable chez La Sportiva. Positionnés pendant des années sur le haut de gamme, ils ont équipé de nombreux grimpeurs à la recherche de précision et de performance.
Aujourd’hui, le marché a évolué avec l’arrivée de modèles plus modernes, notamment orientés salle et bloc. Pourtant, les Miura sont loin d’être dépassés : ils ont simplement trouvé un terrain où ils restent particulièrement pertinents.
Chaussant et premières sensations
Dès l’enfilage, on ressent immédiatement le positionnement du chausson. Le Miura est relativement rigide, avec un maintien du pied très marqué. On est clairement sur un modèle conçu pour la précision plutôt que pour le confort immédiat.
Une fois sur le mur, cette rigidité devient un vrai avantage : le pied est bien soutenu, ce qui permet de charger efficacement sur de petites prises sans perte d’énergie. En revanche, cette structure limite la sensibilité globale, surtout comparée à des chaussons plus souples et récents.
Un serrage précis grâce aux trois scratchs
Le système de fermeture à trois scratchs est un des éléments marquants du Miura.
Il permet un ajustement très précis du chausson, avec une répartition homogène du serrage sur l’ensemble du pied. On peut vraiment adapter le maintien selon sa morphologie, ce qui est appréciable sur des voies techniques où chaque détail compte.
Avec le temps, un petit défaut apparaît cependant : le scratch inférieur a tendance à s’user plus rapidement que les autres. Cela ne rend pas le chausson inutilisable, mais peut légèrement affecter la qualité du serrage sur la durée.
Des performances toujours solides en extérieur
C’est clairement en extérieur que les Miura expriment tout leur potentiel.
En falaise, notamment sur des voies techniques, ils excellent sur les petites prises : grattons, réglettes, fissures… La rigidité du chausson permet de garder de la précision même sur des appuis très exigeants. On peut faire confiance au pied sans hésitation, ce qui est un vrai atout dans les passages engagés.
En bloc extérieur, ils restent également efficaces, surtout sur des profils techniques plutôt que sur des mouvements très dynamiques. Leur stabilité et leur précision compensent largement le manque de souplesse dans ce contexte.
Même face à des modèles plus récents, les Miura “tiennent la route” sans problème en extérieur.
Des limites plus visibles en salle
En salle, en revanche, on ressent davantage le décalage avec les chaussons modernes.
Les structures actuelles (volumes, gros aplats, mouvements en adhérence) demandent souvent plus de souplesse et de capacité à “épouser” le support. Or, le Miura reste assez rigide, ce qui le rend moins performant dans ce type de situation.
De plus, l’absence de véritable contre-pointe limite son efficacité sur les toe hooks, devenus incontournables dans le bloc indoor.
Cela ne veut pas dire qu’il est mauvais en salle, mais simplement qu’il n’est plus totalement adapté aux standards actuels.
Une polyvalence qui a évolué avec le temps
À une époque, les Miura étaient considérés comme des chaussons très polyvalents. Aujourd’hui, cette polyvalence est à relativiser.
Ils restent excellents en extérieur, que ce soit en falaise ou en bloc, mais apparaissent plus spécialisés qu’auparavant. La pratique en salle moderne met en lumière leurs limites, là où d’autres modèles plus récents prennent l’avantage.
On peut donc les considérer comme des chaussons polyvalents… mais surtout orientés outdoor.
Verdict : un classique toujours pertinent
Les Miura sont un excellent exemple de chausson qui a su traverser les années sans devenir obsolète. Leur précision, leur rigidité et leur qualité de construction en font encore aujourd’hui un choix très solide pour l’escalade en extérieur.
Ils ne correspondent plus totalement aux exigences de la grimpe en salle moderne, mais ce n’est finalement pas leur vocation première.
Un modèle fiable, précis et durable, qui continue de briller là où il a toujours été le meilleur : sur le rocher.