L'idée m'est venue l'année dernière, en papotant avec un coureur lors d'une course sur le plateau des Petites Roches.
Il m'avait promis des paysages grandioses et un parcours de montagnards, dans une ambiance plus confidentielle que les autres rendez-vous de Chamonix. Il fallait aller vérifier ça.
Sur le papier : 52km pour 3 700m de dénivelé. Ouch. J'en fais mon objectif de la saison et cale mes autres courses en fonction de ce gros bestiau.
La préparation se passe bien, si ce n'est un genou qui siffle et que je soigne avec de la glace les six dernières semaines, en baissant le volume par la même occasion.
C'est le jour J. Courte nuit pour s'aligner à 5h du matin auprès des autres coureur-se-s. La nuit est claire : pleine lune et pas un nuage. C'est déjà beau.
Le plan de course est simple :
(1) Se ménager dans les montées, avec le principal du D+ concentré dans les premiers 2/3 du parcours.
(2) Dérouler en descente dans le dernier tiers si j'ai les jambes... ou survivre jusqu'au finish.
Je démarre en queue de peloton, ce qui me donne un faux rythme jusqu'au Servoz, où je double pas mal de copain-ine-s...
...qui me redoublent dans la LONGUE montée de l'Envers de Servoz. Ça fait mal au moral, mais c'était le plan de course. Je me trouve un ancrage comme il faut et passe mes doutes assez rapidement.
Le passage à la réserve de Carlaveyron est juste magnifique. Le soleil qui inonde la suite du parcours me fait totalement oublier ce coup au moral. Heureusement, car j'ai à peine fait 22km.
Et la montée au Brévent, elle, met directement dans l'ambiance. C'est technique, c'est du caillou, ça n'en finit pas.
Si bien que le trail se transforme en randonnée. Les appuis sont douloureux et il faut rester lucide, avec plusieurs passages où il faut s'aider de la main courante.
Le deuxième ravito est salvateur. Pas pour tout le monde : je trouve ici au moins une vingtaine de coureur-se-s qui gèrent leurs crampes.
Pour moi, les jambes vont bien, l'alimentation va bien. Je suis dans ma course.
Col du Lac Cornu, col de la Glière... encore des passages techniques et caillouteux. Je n'attends qu'une chose : pouvoir re-courir.
Je passe l'Index ; les bénévoles m'annoncent que le premier est déjà arrivé, à 11h. Moi, il me reste 17km. Mais maintenant, ça descend.
Et je mets en application mon plan : je déroule, avec l'espoir de re-doubler tous ces grands gaillards qui m'ont fait mal au moral.
Mode Pacman activé. Je grignote, mais peut-être pas autant que j'aurais espéré. Les jambes vont toujours bien, je recharge en boissons sucrées à la Flégère, et zou : plus que 9,5 km.
Quelques bosses que je n'avais pas anticipées me font grimacer. J'arrive quand même à reprendre une vingtaine de places jusqu'à l'arrivée.
L'ARRIVÉE. Je suis sous les 10h, dans le premier quartile. Objectif bien atteint. J'en ai encore sous le capot pour aller prendre ma douche au centre sportif, à 500m du site de l'arrivée.
Et la douche était froide...
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