Hier, on est partis à trois pour la traversée des crêtes du Néron, avec environ 8 km et 1000 de D+, et honnêtement… on ne savait pas trop si on partait faire une randonnée, une course d’arête ou une séance de remise en question. Sachant que la sortie est considéré comme Course d’Alpi de moyenne montagne, ça vous donne une idée de la suite…
Parce que le Néron, sur le papier, ça ressemble à une “sortie sympa”. Mais dans les faits, c’est plutôt bien engagée, à mi-chemin entre la randonnée alpine et “mais pourquoi on n’a pas pris un casque ?”.
On est partis vers 15h, avec une météo parfaite pour ce qui nous attendait, une lumière magnifique, et une vue incroyable tout du long. Le genre de sortie où chaque pas offre un panorama de dingue et où on se dit qu’on a vraiment de la chance d’avoir ça juste à 3km de la maison.
La traversée est magnifique, sauvage, aérienne, vraiment spectaculaire. On avance sur les crêtes avec Grenoble en contrebas, les montagnes autour, une ambiance de fou… franchement visuellement, c’était une claque. Mais rapidement, le Néron rappelle qu’on n’est pas là pour une balade digestive.
Le sentier devient plus aérien, il faut poser les mains, réfléchir à ses appuis, rester concentrés… puis on commence à voir les spits tout le long du parcours.
Et là, l’ambiance change un peu. Parce que voir des spits partout quand on est en mode Trail, ça met un petit coup de pression quand même. On comprend vite que si des gens ont pris le temps d’équiper certains passages, c’est qu’il vaut mieux éviter d’être là en touriste.
Et honnêtement, ça calme. Le Néron est magnifique, mais il impose le respect. On sait que c’est un itinéraire où il y a déjà eu des accidents, et quand on est là-haut à avancer sur ces crêtes aériennes, on comprend vite pourquoi. Il faut être lucides du début à la fin, parce qu’ici une erreur peut vite coûter cher.
Mais c’est justement ça qui rend la sortie aussi belle, cette sensation d’être sur une vraie ligne, de devoir rester concentrés, de progresser dans un terrain qui demande du respect.
Puis arrive la descente. Et là, on attaque le couloir de Clémencière, environ 60 % de pente, autant dire que ça descend pas vraiment… ça tombe. 💀 Et ce couloir, il nous a réservé son petit comité d’accueil.
Entre les pierres qui partent sous les pieds, les appuis qui glissent, les cailloux qui partent de partout, il y a eu quelques belles chutes de pierres, et mes copains en ont fait les frais avec quelques pierres qui on terminer la course dans leurs malléoles, histoire de rappeler que même à la descente, le Néron n’a pas décidé d’être sympa. De mon côté, j’ai eu droit aussi à quelques jolies glissades, histoire de prendre quelques bons coups au moral et de finir cette sortie avec un ego légèrement cabossé.
Clairement, ce couloir finit le travail. Les jambes sont fatiguées, les appuis moins précis, ça glisse, ça roule, ça tape… et mentalement ça demande de rester dedans jusqu’au bout.
Mais malgré tout ça… quelle sortie. Parce que le Néron, c’est exactement ce genre d’itinéraire qui fait un peu peur, qui secoue, qui use, mais qui laisse des souvenirs incroyables. On en a pris plein les yeux, on a serré un peu les dents, on a eu quelques frayeurs, quelques coups aux malléoles, quelques coups au moral aussi… mais on est redescendus avec ce sentiment d’avoir vécu une vraie aventure. Le genre de sortie où, sur le moment, on se dit “plus jamais” à peu près 50 fois, et où, une fois en bas, on pense déjà “c’était quand même sacrément beau on y retourne quand ? » Bref au final, une très belle sortie, mais clairement à réserver à des personnes déjà un minimum expérimentées en terrain aérien et engagé, capables de garder le pied sûr et la lucidité quand le vide s’invite un peu trop près.
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