Dimanche, c’était direction le lac de Crop en Belledonne avec un copain. Une sortie décidée un peu à l’arrache, comme souvent. Et surtout… un départ vers 17h. Alors oui, sur le moment ça paraissait être une excellente idée.
Le soleil se couche tard, il fait beau, motivation maximale… j’avais juste oublié un petit détail, le soleil finit toujours par se coucher quand même.
Bref.
On attaque la montée tranquillement avec quand même une petite discussion sérieuse avant de partir “Si la neige devient trop dangereuse, on fait demi-tour.” Parce qu’avec ce qu’il est tombé ces derniers jours, on savait très bien que là-haut ça pouvait vite devenir sportif. Mais bon… appareil photo chargé, drone chargé, téléphone chargé. On avait une mission, aller capturer le coucher de soleil dans Belledonne. Et honnêtement, ça valait largement le risque de finir avec une frontale sur la tête.
Heureusement, dans ma petite pochette de secours, ma frontale ou plutôt mon phare (1500 lumens ça rigole plus) était bien là et chargée. Et vu la suite des événements… disons qu’elle a clairement mérité sa place dans le sac. Côté équipement, on était aussi armés de nos magnifiques petits crampons de trail. Alors honnêtement, niveau efficacité… on va dire que ça servait surtout au mental. Mais parfois le mental c’est important aussi.
La première partie de la montée se passe super bien. Belle lumière, ambiance calme, montagne magnifique… puis progressivement ça commence à devenir un peu plus “intéressant”. Et là, on commence à voir des gens redescendre équipés en piolet, baudar et crampons d’alpi. À ce moment-là, on s’est regardés avec ce fameux regard qui veut dire “Dans quel traquenard on s’est encore mis…”
Mais bon, demi-tour ? Pas encore.
Alors on continue. La neige devient de plus en plus glissante, certains passages commencent à être un peu engagés… le genre d’endroit où si tu glisses, tu fais pas juste un petit roulé-boulé sympathique. Disons que la voiture est très loin… mais très vite.
Et évidemment, mention spéciale aux premières personnes passées avant nous qui ont décidé de créer leur propre itinéraire absolument au hasard sans suivre les traces existantes. Résultat, plus aucune trace logique. Donc nous voilà à faire les sangliers dans la pente, à zigzaguer dans la neige en essayant de deviner où était censé passer le chemin.
Franchement, très belle expérience immersive. Mais finalement, on arrive là-haut. Et honnêtement…énorme claque. Le lac était encore gelé, le soleil commençait à descendre doucement derrière les sommets, toute la lumière devenait dorée… c’était magnifique. Le genre de moment où plus rien ne compte pendant quelques minutes.
Alors forcément en bonne élève en com photos, drone, vidéos, contemplation intense et probablement quelques “wahou” pas très élaborés intellectuellement. Puis vient la descente. Et là, dans un immense éclair de lucidité, j’enfile mon pantalon. Parce que quitte à finir les fesses dans la neige, autant éviter l’hypothermie. Et ensuite ? Tout droit dans la pente. Vu l’état de la neige, autant descendre directement jusqu’en bas. Résultat, 40 minutes de descente contre presque 2h30 de montée.
On appelle ça de l’efficacité. Pendant quelques instants, on s’est sincèrement pris pour Kilian Jornet au Mont-Blanc. Bon… la seule différence, c’est que nous personne n’est tombé dans une crevasse et qu’on avait probablement un peu moins la classe.
Au final 11 km, 650 de D+, une montée parfois bien engagée, une descente en mode luge humaine et surtout une soirée incroyable dans ce massif de Belledonne qui réussit toujours à être magnifique peu importe les conditions. Et honnêtement, malgré les glissades, les traces catastrophiques et les décisions discutables prises à 17h… aucun regret.
Parce que certains couchers de soleil valent largement quelques frayeurs.
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