Premier Mont Blanc
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Premier Mont Blanc

Le Mont Blanc continue de fasciner et son ascension de faire rêver. Qu'on souhaite le grimper par défi personnel ou par passion pour la montagne, beaucoup de questions se posent aux candidats au sommet.
Texte Antonin Carion
Texte Antonin Carion
Le Mont Blanc continue de fasciner et son ascension de faire rêver. Qu'on souhaite le grimper par défi personnel ou par passion pour la montagne, beaucoup de questions se posent aux candidats au sommet.

Mythique l'ascension du Mont Blanc ? Probablement plus maintenant. Surpeuplée ? Certainement. Mais alors qu'est ce que tous ces gens vont faire là haut ? Se défier, rêver, découvrir, ... puis redescendre au péril de leurs genoux pour peut être ne plus jamais rechausser de crampons de leur vie. Qu'importent finalement motivations et objectifs quand il s'agit d'aller conquérir l'inutile ?

A toutes ces questions nous ne donnerons pas de réponses. Le propos n'est pas là, bien plus factuels retrouvez ci-dessous les clés pour vous lancer dans l'ascension du Mont Blanc.

Encadrement

Passer par un stage de 5 ou 10 jours est un bon moyen de se plonger dans l'ambiance, de partager avec ses compagnons de cordée, de faire ses premiers pas en crampons et de s'acclimater en vue de l'ascension quelques jours plus tard.

Vous pouvez également engager un guide privé, il définira avec vous les prérequis et la durée nécessaire pour tenter l'ascension en fonction de votre expérience, votre forme, ... Il sera également d'une grande aide dans la phase de préparation.

Réaliser l'ascension du Mont Blanc sans encadrement est tout à fait possible mais ça sous entend que vous êtes un alpiniste suffisamment expérimenté. Pour parvenir à cet objectif en partant de zéro le mieux est de passer par un club de montagne. Ces structures permettent de rencontrer des gens passionnés, de se former à l'alpinisme et de pratiquer la montagne pour, peut être, si l'envie persiste, dans quelques années se retrouver au sommet du Mont Blanc par ses propres moyens.

Plusieurs solutions donc : passer par une agence type UCPA ou Montagnes de la Terre, louer les services d'un guide ou passer par un club de montagne FFCAM ou FFME pour devenir autonome.


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Période

Classiquement, le Mont Blanc se gravit en été, de juin à septembre, c'est à ce moment que les journées sont les plus longues, les températures les plus clémentes et les conditions de terrains les plus adaptées à l'alpinisme. 

Au printemps le sommet se prête bien au ski de randonnée par l'itinéraire de l'Arête N du Dôme du Goûter en dormant au Refuge des Grands Mulets. Il faudra alors viser une période s'étalant de la fin mars à la mi-juin en fonction des conditions d'enneigement.


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Itinéraires

Arête des Bosses

C'est l'itinéraire classique, la voie la plus simple et la plus parcourue. Peu difficile, l'arête est néanmoins magnifique et parfois aérienne. Au départ du Refuge du Goûter (3 817m) l'itinéraire passe par le Dôme du Goûter puis le Col du Dôme pour ensuite rejoindre l'Abri Vallot et l'Arête des Bosses conduisant naturellement vers le sommet.

La montée vers le Refuge du Goûter nécessite d'emprunter le Grand Couloir et ses chutes de pierres impressionnantes de par leur fréquence et leur volume. Les chaleurs estivales de plus en plus importantes rendant cette zone encore plus instable, son franchissement peut être interdit par décision préfectorale comme ça a été le cas en 2016. 


Les Trois Monts

Plus longue et plus technique, cette voie part du Refuge des Cosmiques (3 613m, accès depuis le téléphérique de l'Aiguille du Midi) pour un enchainement de trois montées : le Mont Blanc du Tacul, le Mont Maudit et (enfin) le Mont Blanc

L'enchainement des montées et descentes entre chaque "Mont" demande plus d'endurance que pour l'Arête des Bosses et le passage du Col Maudit qui peut être en glace nécessite souvent de cramponner en pointes avant. C'est un bel itinéraire à combiner avec une descente par l'Arête des Bosses pour une élégante traversée.


Route des Aiguilles Grises

La voie normale italienne au départ du Refuge de Gonella (3 071m). Le passage sur le Glacier du Dôme peut être très crevassé et la fin de l'itinéraire est aérienne, elle rejoint ensuite le Dôme du Goûter puis l'Arête des Bosses.


Les Grands Mulets - Arête N du Dôme

C'est la voie historique du Mont Blanc, celle par laquelle sont passés les premiers ascensionnistes. Elle est toujours très empruntée au printemps pour réaliser l'ascension du Mont Blanc en skis mais ne l'est plus trop l'été à cause du passage de "la jonction" qui est extrêmement crevassé en été et donc complexe à franchir une fois que la neige a fondue et que les crevasse se sont ouvertes. 

De plus le passage des zones dites du Petit Plateau et du Grand Plateau sont très exposées aux chutes de séracs, c'est pourquoi on préférera l'ascension par l'Arête N du Dôme. A la descente en ski on se permet de passer rapidement par les plateaux sans trop trainer et en restant vigilant. 


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Fréquentation

Ce n'est un secret pour personne : le Mont Blanc est (sur)fréquenté en été. Selon l'ENSA entre 17 000 et 20 000 personnes tenteraient l'ascension chaque année (chiffres de 2014). Il peut y avoir de très forts pics de fréquentation, spécialement en cas de mauvais temps persistant ne laissant que peu de fenêtres météo disponibles pour une ascension.

Il faut s'attendre à du monde dans tous les cas surtout en projetant une tentative à la haute saison et par la voie normale (Arête des Bosses). En essayant de faire l'ascension plus tôt ou plus tard dans la saison et par un autre itinéraire vous pouvez être plus tranquille. C'est à décider avec votre encadrement et en fonction des choix que ce dernier propose (un guide pourra s'adapter à toute demande lui paraissant réalisable alors qu'un organisme aura de plus fortes contraintes de planning).

Questions

Quelle durée prévoir ?

Les formules d'encadrement vont de 2 à 10 jours entre un simple aller/retour au sommet pour qui a déjà un peu d'expérience en haute montagne à ceux qui passent par quelques jours de formation et d'acclimatation avant de tenter le sommet.


Quel est le taux de réussite ?

Les taux de réussite annoncés sont de 50% pour les personnes accompagnées par un guide et de 30% pour les alpinistes autonomes. Il faut envisager que la tentative d'aller au sommet ne puisse pas se réaliser dans le créneau prévu si les conditions météo et terrain ne sont pas favorables.


Quel matériel ?

Le matériel technique (chaussures d'alpinisme, crampon, piolet, baudrier et casque) se loue facilement sur place. Le prêt du matériel est même parfois compris dans le prix du stage de certains organismes. L'achat de ce matériel représente un gros budget pour une première expérience en alpinisme, la location reste donc un bon choix (renseignez vous sur les prix auprès des magasins locaux).

Le textile et les accessoires sont plus abordables. Si vous pratiquez déjà la montagne en randonnée estivale et/ou en ski il a pas mal d'éléments textiles qui peuvent être utilisés dans ces pratiques aussi. En (très) gros : de bonnes chaussettes, un bon pantalon (et un collant pour les plus frileux), plusieurs couches techniques (t-shirt respirant, polaire, doudoune, ...), une veste coupe-vent, de bons gants, lunettes de soleil, crème solaire, masque de ski (en cas de vent fort), frontale, guêtres et un sac à dos de 30/40 litres.

Le matériel collectif (corde, broches à glaces, mousquetons, sangles, ...) est généralement compris dans l'encadrement, y compris lors d'un engagement avec un guide (à voir avec ce dernier).


Quel budget pour l'encadrement ?

  • Comptez entre 1200€ et 1500€ pour un stage.
  • Comptez 1000€ pour un guide en engagement privé sur 2 jours.


Quelle préparation technique ?

Il va vous falloir savoir évoluer en crampons et encordé avec une ou plusieurs personnes. Rien de bien sorcier mais apprendre ces techniques au préalable (et non pas sur le tas en débarquant à 4000m d'altitude) retire une inconnue et donc une potentielle inquiétude lors de l'ascension. Pas besoin d'être très expérimenté, une journée d'école de glace peut faire l'affaire.

Cette préparation technique est comprise dans le stage Mont Blanc. Dans le cas d'un engagement privé votre guide le prendra en compte cet apprentissage technique dans la préparation à l'ascension.


Quelle préparation physique ?

Si vous êtes en forme, que vous pratiquez la randonnée et êtes bien accompagné par un professionnel alors pas besoin de préparation particulière. 

Ceci étant, si vous souhaitez vous préparer spécifiquement, dans l'ensemble c'est le fond qu'il faut privilégier. A 4810m vous ne pourrez donner que 70% de vos capacités alors l'important c'est surtout de garder le moral et de poser un pied devant l'autre.


Le mal de l'altitude ?

Le MAM (Mal Aigu des Montagne) est particulier à chacun. Certaines personnes supportent très bien l'altitude là où d'autres vont la subir beaucoup plus lourdement et plus rapidement. L'état de fatigue et le moral jouent également leur rôle dans le ressenti produit par l'altitude. Le meilleur remède est l'acclimatation mais ça prend du temps. 

Attention aux pseudo-conseils médicaux recommandant notamment de prendre de l'aspirine pour fluidifier le sang ou autre. Prévoir de quoi soulager des maux de crâne ou d'estomac est une bonne idée, pour le reste adressez vous à votre médecin.

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Si vous faites appel à un guide ce dernier est aussi là pour vous conseiller et répondre à vos questions, n'hésitez pas à le solliciter dans la préparation, il aura les réponses à toutes vos interrogations. 

Il existe des milliards d'autres sommets magnifiques, plus sauvages et moins fréquentés de part le monde ou plus simplement en France où nous bénéficions d'un terrain de jeu montagneux génial.

Ne vous arrêtez pas au Mont Blanc et allez jeter un oeil au reste des Alpes et des Pyrénées !

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