Lourd echec ou "satisfaction d'avoir ete si loin dans ces conditions"? Je ne le sais pas encore...
La rose deposee sur ma porte le jour de mon depart par mon voisin, enveloppee dans un papier estampille "Porte Bonheur" n'y aura rien change... la volonte etait la mais le corps m'a dit "va te faire v**r"...
A seulement un peu moins de 20 kms de l'arrivee et apres avoir parcouru 5000 des 5600 D+ du parcours. *Pas de grands recits aux envolees lyriques cette fois-ci. Juste les faits : j'ai abandonne. Et des adjectifs : grosse deception, grosse claque meme, tourment, amertume, douleur.
C'est un premier vrai abandon et c'est tres dur. Bien sur j'ai deja fait et refait la course dans ma tete, j'ai tache "d'analyser", et meme la pre-course, et j'en suis venu a quelques interpretations.
- Bien sur, entorse des metatarses a J - 9. Bequilles jusqu'a J - 4.
- Vendredi, veille de depart, je n'arrive a dormir que 2 h. J'ai avale un tres leger diner (stress) et n'arrive guere a mieux petit-dejeuner avec un reveil a 1h30 pour un depart a 3h30.
- Des la 2eme heure de course on attaque la montee dans la neige. Je retrouverai la neige sur plusieurs autres endroits du parcours mais des lors quelques flaques glacees dans lesquelles je tombe me glacent pieds et sang pour un bon moment.
- A mi course, j'essaie de manger mais les benevoles sont un peu depasses, le ravitaillement tres leger : je ne mange pas beaucoup. Je refais egalement mes straps, qui, a cause de la neige et de la boue ne font plus aucun effets dans mes chaussettes trempees.
- Suite de la course, on attaque pres de 15 bornes de montee, dont une bonne partie sur le coup de midi donc en pleine chaleur. Il m'est alors difficile de manger et boire. De plus, je sens que de severes ampoules commencent a m'handicaper a l'appui. Mais j'en fais fi. Mais D*** que la douleur est atroce.
- La derniere traversee pendant pres de 20 minutes sur un leger devers totalement enneige a raison de moi: je pense avoir attrape une bonne insolation. Mais n'en accuse pas le coup tout de suite. C'est en entamant l'avant derniere descente de 6kms dans un chemin casse-pates qui m'acheve : j'ai le coeur au bord des levres et le genou droit qui ne repond plus. En effet, a trop avoir eu peur d'avoir mal et d'abandonner a cause de mon pied, j'ai passe toute mon energie a le soulager au maximum. J'ai perdu beaucoup de temps et de jus dans les montees et les descentes pour le preserver, et c'est mon genou qui a tout pris.
Je pense donc que cette blessure aux metatarses a peine une semaine avant cette course m'ont mis dans de mauvaises dispositions physiques mais aussi psychologiques. J'ai doute jusqu'a seulement quelques jours avant la course quant a ma participation ou non et des lors, je n'ai pas fait tout le processus de mise en abyme : je ne me suis pas vue dans la course assez rapidement, longuement et profondement. Le fait d'avoir mal et tres peu dormi, le fait d'avoir peu mange avant comme pendant, la chaleur, la neige et la boue innatendus en ces quantites, la difficulte du parcours et le manque de jus pour compenser ma blessure sont donc les laches excuses que j'ai pu trouvees.
Regrette-je aujourd'hui d'y etre allee alors que faire une course c'est pour finir et pas abandonner? Oui ca me tue d'avoir abandonner mais j'y suis allee. Non je ne le regrette pas. Mais je suis vraiment, vraiment decue d'avoir abandonne si proche du but, j'y ai cru jusqu'au dernier moment, jusqu'au moment ou la corde de mon foie et m'ont genou allait vraiment craquer. Je ne pouvais raisonnablement pas supporter 600mD+ de plus. Mais celle-la m'importait vraiment beaucoup. Pour le prestige; c'est une course difficile et donc gratifiante et le fait que seules 13 femmes etaient inscrites me laissait esperer que je ferais un resultat. J'avais vraiment envie de la passer cette ligne d'arrivee. Vraiment. C'est tres dur. J'y ai cru jusqu'au bout. C'etait peut-etre un peu gros pour une premiere de la saison en n'etant pas a 100% mais j'etais si pres du but...
Me reste alors a bien soigner pied et genou pour etre a 200% pour ma prochaine course et panser mes blessures exterieures (je n'ai litteralement plus de peau sur deux de mes orteils) et interieures.
Je ne me connais pas encore assez. Ma fougue ne suffit pas assez.
*NB : Annecime : 80 kms avec 5600D+ Annecy/Annecy autour du lac.
réactions (19 réactions)
Je veux juste te dire que ça fait partie des risques. Comme tu l'as dit, tu es jeune, tu ne connais pas encore ton corps à 200%. Ca viendra, ms ca se fera au détriments d'échecs de déception, etc..
Réalise qd même que tt ce que tu fais est exceptionnel, c'est incroyable.
Si tu finis toutes tes courses du premier coup, quels seront tes objectifs dans 10 ans ? non mais !
Courage poulette, et gros gros bisous.
Et j'espère que tu le seras aussi un jour, fière de toi-même. Et pas seulement dans la victoire mais aussi dans la défaite. C'est pas donné à tout le monde de faire ce que tu fais.
Et comme dis Manu, pense à dans 10 ans et pense à toutes les courses qu'il te reste et tout ce bonheur qui t'attend. Ca n'est que le début d'une grande et belle vie de coureuse.
Je t'embrasse très fort.
Regarde autour de toi, qui aurait pu le faire ? pas grand monde !
J'ai rarement rencontré une course aussi dure avec ces conditions (neige et chaleur).
Aller à Bluffy, était hier déjà un exploit.
Un abandon est une étape obligatoire à passer pour un(e) ultra-traileur(euse), voilà, c'est fait !
Répare-toi bien, récupère bien et retrouve ton satané sourire et ton envie de manger les kilomètres et les montées.
L'Annecime restera une étape mais surtout pas une fin ! Pense à tout ce qui t'attend
Juste déçu de ne pas t'avoir vu au Départ ;-( pour te dire tout le bien que je pense de toi
Bises
Stef
Penses-y, reflechis, fais un retour sur toi, et lui.
Bisous, Saubade
Mais surtout, ce que je veux te redire, c'est que c'est dans l'épreuve que l'on grandit et non dans la victoire. La victoire, même méritée, apporte de la satisfaction. Il en faut bien sûr dans la vie... Mais surmonter une déception, un échec, ça, c'est ça le vrai courage. Tu en as et tu nous le montres une fois de plus. C'est pour ça qu'on t'admire et qu'on t'AIME!!!
Mille bisous. Rose
Je comprend ta déception, que tu le vive comme un échec mais regarde ce que tu as réussi à parcourir et non ce qui t'as manqué pour finir. Tu as tout mon respect pour tout ce que tu as accompli, moi qui suis incapable de courir plus de 10 min sans souffler comme un boeuf!!
Bon courage! Ce ne sera que partie remise et tu en sortira encore plus forte!
@ bientôt poulette, gros bisous!!
Ensuite dans ce genre de course, ds petits détails font la différence : le mental comme tu dis au départ, pendant, les gens que l'on rencontre, la qualité des ravitaillements, la vitesse au départ, les sensations, le temps, etc.
L'année prochaine, tu le finiras !
Soignes les, ils te le rendront bien plus tard, pour faire l'Ultratrail.
Bisous, Renée
Je suis ton servile admirateur.
Mais fai atention à ta pomme quand même.
Bises
à la lecture du machin, on relève quand même de grosses erreurs. petite liste non exhaustive:
- on ne part pas pour une course comme celle-ci 4 jours après l'abandon des béquilles, c'est complètement irrésponsable
- manque de sommeil
- mauvaise alimentation
- mauvaise hydratation
- chutes à répétition
- matériel défectueux ou non adapté (straps, ampoules...)
- pas de protection solaire
etc
c'est loin d'être un exploit. partir avec sa seule volonté c'est le plus bref chemin vers l'accident grave.,
non, c'est plutôt de l'incompétence et beaucoup d'irresponsabilité.
voilà, je suis dur, bouuuuuu, pas beau, je sais.
Il n'y a pas de "bouh" qui tienne, c'est un site libre où chacun est libre de s'exprimer, et il est vrai que parfois famille et amis (même si certains commentaires de ce CR proviennent de gens que je ne connais pas) ne sont pas toujours objectifs. En revanche, quand on ne connait pas quelqu'un et que l'on se base sur un vague CR, je trouve ça un peu osé, mais je ne ferais pas de blog si je ne souhaitais pas que l'on y réagisse.
- Concernant les béquilles, j'avais l'aval de MON KINE + MON OSTHEO, et tous deux s'accordaient à dire que ça n'était pas des plus raisonnables mais que j'avais montré une remarquable guérison, à en croire par exemple, mon absence de douleur totale aux exercices du trampoline.
- de plus, me connaissant et après m'être entrainée si dur et avoir tant investi, il ne m'était pas possible d'abandonner avant l'heure et de ne pas essayer. Si j'avais abanonné après 10 bornes, tes commentaires auraient-ils été les mêmes? N'as-tu jamais poussé la machine un peu plus loin que le raisonnable? Moi j'ai essayé et j'en ai une grande satisfaction, aucun regret.
Ce n'est en rien irresponsable pour ces raisons-là, sans compter que ce n'était pas dans le Ténéré mais autour du lac d'Annecy, par un superbe mois de mai où les chemins sont loin d'être déserts!
- Manque de sommeil, certes, mais ce n'est pas comme si c'était quelque chose que l'on peut maitrise à 100%. Personnellement, moi j'ai des troubles du sommeil de manière générale, alors en plus sous l'effet de la pression, je ne gère pas. Pareil pour l'appétit.
- Mauvaise alimentation et mauvaise hydratation, ce sont les effets notoires de la fatigue et de la chaleur. Mal ne signifie pas "pas du tout". Et, je ne sais pas si tu es un ultra-traileur ou non, mais une course est faite de hauts et de bas. Un coup tu marches super bien et subitement, petite baisse de régime. Mais avec le meilleur entrainement possible. Cela arrive aussi aux pros, pour preuve les récits de Vincent Delebarre (abandon UTMB 07) et autres Jacquerot.
- chutes à répétition, je pense que tu m'as mal lue ou as mal saisi le sens. Je ne suis pas littéralement "tombée", je suis "tombée dans une flaque", à savoir que j'ai mis mon pied dans une flaque glacée. Mes termes n'étaient donc peut-être pas appropriés. Mais non je n'ai pas fait de chute à répétition.
- Mon matériel est parfait, je te remercie, et je remercie d'ailleurs Salomon et Adrénaline à Grenoble de me faire confiance et de m'en donner un si performant. Les straps et ampoules, c'est l'eau qui les a fait bouger et il n'y a pas grand chose à faire quand tu as les pieds trempés.
- pas de crème solaire? Je ne sais pas d'où tu tires ça. Ce n'est pas parce que j'ai attrapé une inso que je n'en avais pas. J'avais crème, lunette et visière.
- personne n'a réellement parlé "d'exploit" ou alors faisait référence à l'ensemble de mes courses et ma naissance dans ce sport. Ou alors s'ils l'ont fait, sûrement était pour me féliciter de l'"action dépassant les limites habituelles", comme le dit le dictionnaire.
- ma volonté est ce qu'elle est (+ l'aval des professionnels). Elle ne m'aurait pas emmenée où je suis aujourd'hui (23 ans et bouclage de la Courmayeur Champex Cham + 1ere place) si elle n'avait pas été aussi forte, aussi têtue soit-elle (je).
- incompétence. C'est un terme un peu fort, et pas très adapté au milieu sportif. Irresponsabilité, je me suis déjà exprimée plus haut. Mon père me dit toujours qu'il faut faire des erreurs pour apprendre. (Peut-être n'as-tu jamais été débutant). Je viens d'avoir 23 ans et cela ne fait même pas un an que j'ai commencé en ultra-trail. Je ne peux pas avoir le niveau et l'expérience de Corinne Fabre ou Karine Herry en quelques mois! Elles ont 10 voire 15 ans de plus que moi des années de compétition.
Alors si tu permets, je préfère écouter mon père que tes déblatérations de bachage et faire mes erreurs.
Mais merci pour ton comm
crois-moi, la notion de "compétence" est complètement adaptée au sport, et notamment à la montagne, mais ton point de vue sur ce sujet illustre parfaitement ton "esprit montagne": c'est pour toi un terrain de jeu, une manière de t'exprimer, d'affronter tes limites, blablabla.
et c'est là que tu te plantes: la montagne, c'est tout, sauf un terrain de jeu pour citadins bobos en mal de sensations, trimballant leur dossard fluo et balançant leur emballage de powerbar sur les sentiers. la montagne, ça se respecte, ça s'aborde avec humilité, et non avec la rage et l'esprit "je vais tous les bouffer pour faire comme machin".
ce qui aurait été vraiment grand, ça aurait été de te dire "ok, jsuis pas prête, jsuis blessée, je vais respecter mon corps et mon esprit et les laisser se réparer, j'y vais pas".
tous les professionnels que tu prends pour idoles t'auraient déconseillé de prendre le départ.
mais non: quand on est une wineuse, on sait se faire violence, on fonce, on sait se faire mal, blablabla.
bien le bonjour à papa.
en espérant que les conséquences de tes sacro-saintes erreurs soi-disant indispensables et inévitables se limitent à des ampoules.
Qu’est-ce que tu peux être condescendant, c’est assez triste.
Moi qui pensais être ultra chauvine quand je vois des touristes envahir mes belles Pyrénées (non je ne suis pas citadine), j’ai trouvé plus fermé que moi ! Merci, tu sers à quelque chose alors. Moi aussi ça me fait chier qu’il y ait des Comptoirs et Cotonniers ailleurs que dans leurs métros mais je te trouve incroyablement cuistre de d’octroyer le droit de dire « tel ou tel a sa place ici».
Lis mes autres récits (mais garde toi de laisser un commentaire) et tu verras que je fais ça pour moi et pas contre les autres. Il y en a, beaucoup même, mais moi pas. Et que veux-tu, il y a toujours un revers de la médaille, ceux qui le font pour la gloire et/ou jettent leurs merdes par terre se verront rattrapés par la Destinée.
Quant à moi, je continuerai à vivre plus fort quitte à ce que ce soit moins longtemps, sinon c’est tellement chiant ! Et je ne mets personne en danger. Mais encore une fois, faut que t’arrêtes, c’était le tour du lac d’Annecy avec une simple blessure au pied ! Pas le Daulaghiri ou le K2 avec les yeux bandés et une jambe en moins !!
La vérité vient de l’opposition des pensées mais tu as apparemment ta théorie et ta vérité bien à toi alors je te prierai d’arrêter de pourrir mon blog et même de dégager d’outzer où tu n’as pas ta place puisque c’est un lieu où l’on échange sur sa passion et pas un endroit où l’on assertit sa pseudo-croyance.
Et n’oublie jamais, qui fait le malin, tombe dans le ravin !!
Que vau mielher alucar la lutz; que's plànher de l'escur.
ne t'inquiète pas, je ne vais pas hanter ton blog, inutile d'alerter les autorités du Béarn, je sors ->[]
Adi'
Mais c'est vrai, fais atention quand meme...