Ne pas y aller, est-ce renoncer? Comment savoir si je peux si je n'essaie pas?
Raisonnable :
dont la pensée, le comportement, les choix sont guidés par la raison, la sagesse, la mesure; qui sait rester maître de ses impulsions, de ses passions.
Decision :
Choix réfléchi.
Cela fait maintenant 6 jours que je me suis blessee. J'ai garde les bequilles 4 jours. Aujour'dhui, je n'ai plus aucune douleur, ni au repos ni a l'appui.
Apres 2 jours de gros doute, j'etais redevenue confiante, convaincue de mes capacites de recuperation, confortee par mon absence de douleur. J'ai vu mon kine ces 3 derniers jours, ainsi que mon ostheo hier. Son verdict est plutot reserve. Celle-ci, quoique d'accord sur le fait que j'ai bien recupere, crainds pour mon pied quant a la longueur de la course. Cela eut pu passer si c'etait un 10 kms mais le fait est que c'est 8 fois cette distance... Mon kine pense relativement la meme chose. Les exercices de trampoline lui prouvent que je n'ai plus de douleur et que donc j'ai relativement bien gueri. Or, cela ne fait meme pas une semaine que mes metatarses sont touchees. Mon moral en sortant de leur cabinet est donc plutot mitige. L'assurance de ma guerison que j'avais pu avoir s'est estompee pour laisser place au : "Et s'ils avaient raison? Et si c'etait trop tot?"
En rentrant chez moi, je cogite, je cogite.
Que faire? Que decider?
Pourquoi a-t'il fallu que je me blesse?
Pourquoi seulement une semaine avant cette course importante?
Est-ce que ca va tenir?
Combien de temps ca va tenir?
Est-ce que je dois prendre le depart? En meme temps, je n'arrive pas a l'imaginer autrement.
Comment savoir sinon si ca passera si je n'y vais pas?
Meme si je dois avoir mal apres la course, voire aggraver mon cas, si j'arrive au bout, est-ce que ca n'en vaut pas la peine?
Comment vais-je reagir si je prends la decision de ne pas y aller?
Je veux y croire. Je dois y croire. Au moins jusqu'a vendredi.
Tout ce que je veux c'est faire cette course. Tous les "Ny'va pas c'est pas serieux", "Tu vas te faire encore plus mal", "Tu as d'autres courses apres, renonce a celle-la, meme si c'est dur" n'y font rien. Je ne pense qu'a ca depuis un mois et je la prepare depuis plusieurs autres. Je veux ressentir le stress et l'excitation de la veille et la tension du depart. Je veux vivre ces premiers instants ou la foule du depart applaudit et crie. Je veux courir, je veux avoir mal, je veux sourire, je veux soufrir (mais pas de la blessure!), je veux me depasser, je veux trouver mes limites, les repousser. Pour mieux me connaitre. Je veux courir et passer la ligne d'arrivee.
Alors une semaine seulement apres une blessure serieuse, est-ce vraiment "raisonnable" de l'envisager? Je n'ai d'autre possibilite que de dire oui. Je veux y croire. Et vendredi, je ne ferai surement pas le choix de ne pas y aller, meme si ce n'est pas "raisonnable". Car cela n'est peut-etre pas raisonnable mais je prefere le pragmatisme a l'intellect. Je ne veux pas avoir de regret. Il faut essayer. Il faut que j'y aille. Sinon je ne saurai jamais si ca peut passer. De toute facon, c'est trop injuste, je ne peux pas laisser cette putain de blessure prendre le dessus.
Reste maintenant a savoir si je saurai m'arreter si la douleur est trop forte et risque d'aggraver la blessure et decupler le temps de guerison.
Mais je prefere vivre l'instant plus fort meme si plus court.
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